carte des crateurs d'oeuvres de bobig

rank rank@incident.net
Fri, 12 May 2000 21:15:32 +0200


----- Original Message -----
From: bulot <bulot@x-arn.org>
To: <palais-tokyo@pleine-peau.com>
Sent: Friday, May 12, 2000 6:51 PM
Subject: Re: carte des crateurs d'oeuvres de bobig


>
> At 11:45 12/05/00, you wrote:
>
>
> >* Une petite réponse et quelques remarques =
> >
> >- quand on commence à argumenter cela devient intéressant.
> >- souvent des références au cinéma. Est-ce notre fantôme?
> >de quelle manière hante-t-il le net.art?
>
>
>
> Mais à quel moment le cinéma est il un fantômes cad ne faisant pas partie
> prenante des préoccupations liées aux pratiques artistiques sur le net car
> en le proposant comme référence à  de nouvelles formes émergeantes sur les
> réseaux c'est l'isoler de la technologie (dont il est issu) et donc de ses
> différentes formes possibles liées à l'évolution des
(nouvelles)technologies.
> Le net.art est un context de référence pour l'expérimentation
> cinématographique et non l'inverse.


* le contexte de référence est réciproque. Des films portent
sur les technos. Le cinéma est hanté (depuis longtemps déjà)
par sa fin technologique.
De plus il n'y a pas la technologie, mais des technologies.
Il n'est pas évident que le cinéma et l'informatique aient
la même origine technologique. En effet, tout se passe comme
si les technologies réactivaient les expérimentations du XIXème
siècle (zootrope, panorama, etc.), cad un rapport participatif à
l'oeuvre. Le cinéma a comme stoppé cette évolution. A présent
elle se reprend.
Le cinéma et le fantôme car le cinéma est spectral, un fantasme,
une projection. Il est l'espace sur lequel se projette nos
images et nos clichés. En ce sens là donc.

>
>
>
>
> >  En quoi le cinéma
> >est-il une forme unique et peut-être passagère de création
> >par rapport au public (peuple)? L'interactivité a-t-elle affaire
> >au peuple (projection) ou aux singularités (relation one to one
> >informatique + relation multiple sur le réseau). Quels sont
> >nos destinataires? Quelle est le mode de diffusion du net.art?
>
> From: "+ e c h n a r +"
> Subject: RE: net conditions
>   Date: Wed, 6 Oct 1999 12:39:41 +0200
>
http://www-sira.montaigne.u-bordeaux.fr/metamorph/cgi/map/discuss/messages/
>
>   La production artistique sur les réseaux semble se regarder, le support
> est très intéressant de par ses qualités et sa maniabilité, mais les
> faibles débits limitent souvent la création.

* la limitation est la création. Tout support est une matière exigeante avec
des contraintes. On ne créé que par, dans ces contraintes. On a ainsi
affaire à de l'extériorité qui s'introduit immédiatement et avant toute
chose
dans l'oeuvre. Il s'agit de toucher à la limitation  : effleurer, frôler,
presser,
enfoncer, serrer, lisser, gratter, frotter, caresser, palper, tâter, masser,
enlacer... Toucher, c'est toucher une limite, une surface, un bord, un
contour.
Ainsi la limite technologique n'est en rien négative, car le mode singulier
de la limite,
c'est que lalimite vienne à être touchée.
Nous tendons vers la limite technologique, nous sommes tjrs à son bord.
Tendre c'est offrir ou donner, ce qui se donne sans se rendre, cad sans
échange ou sans attendre que l'autre, le public, vienne rendre - ou se
rende. A tendre on sous-entend "tiens!", "prend!". Non pas "je te donne"
(tel ou tel plugin) car cela suppose une reconnaissance obscène, mais
"prend" "reçois" "accepte". Non pas de moi, justement, car la
reconnaissance serait de la partie, et la propriété du propre, et
l'économie ("va sur ce site il y a une net.oeuvre!"), mais "prends"
"reçois" "accepte" on ne sait de qui, on ne sait de quoi ni en
vue de quoi (le plaisir esthétique est sans finalité).

Il est possible de prendre
> cela à parti et de jouer avec ces temps de déplacement dont on ne peut que
> très faiblement maîtriser la durée, mais il arrive un moment ou ces
> contraintes (il n'y a pas que celle-là) deviennent un obstacle à la
liberté
> de la proposition.

* la liberté n'est pas l'ouverture infini des possibles, mais le fait que
possible et impossible se rejoignent, créant une zone d'indiscernabilité.
Non pas charger les pages de X Mégas de vidéos, sons, images, non
plus que de faire du HTML simple et basique, mais faire comme si on
faisait les deux en même temps, créer des compatbilités impossibles.

De plus il est vrai que la lisibilité de ces travaux par
> le public n'est pas évidente, elle nécessite une certaine culture de
> l'image et des réseaux. Seul un public d'initiés (principalement des
> 'artistes' et des plasticiens) ont accès au véritable contenu (hors de
> l'image) et au véritable langage que déploient ces travaux. Au delà d'une
> réflexion sur les procédés qui permettraient de diffuser la création en
> ligne à un public plus large (ce qui reviendrait à reformer ou reformuler
> les travaux), il faut penser à libérer le travail du réseau. Il faudrait
> essayer de voir comment le déployer hors de l'outil. On peut essayer de
> penser une solution de deux façons. D'une part établir un lien entre le
> langage utilisé et le public, c'est à dire de penser des objets cohérents
> extra informatiques ayant un contenu informationnel visant à introduire le
> langage informatique afin que les spectateurs puissent se servir de ces
> éléments comme de passerelles qui feraient le pont entre leur culture et
> celle utilisée ( même si les référents peuvent êtres communs aux
> spectateurs, leur numérisation et la formulation qu'ils subissent en
> devenant des éléments d'un propos artistique les transforment. Ils
quittent
> le rapport familier que l'on peut avoir avec eux pour s'intégrer dans une
> forme linguistique différente marquée). D'autre part, de se servir de la
> proposition plastique numérique pour la rapprocher du public par une
> formulation plus proche de sa culture. Un lundi, il n'y a pas très
> longtemps, je me posais la question avec un ami, si des sites comme jodi
> pouvaient encore se reproduire. La création en ligne est passée par une
> phase auto référentielle très forte et on a vu émerger des pratiques
> exceptionnelles accompagnées de comportements très indépendants refusant
> toute hégémonie commerciale ou institutionnelle. Continuer dans une telle
> direction serait vouer le travail sur les réseaux à une mort certaine,
plus
> cela va et plus les techniques et les technologies sont à la pointe, et
les
> pratiques qui les suivent se séparent de plus en plus d'une masse qui ne
> peut plus les comprendre. Même si ces recherches formelles sont très
> intéressantes, elles évoluent dans un milieu qui se cantonne de plus en
> plus à des spécialistes. On est à nouveau face à une production artistique
> qui se tourne vers les artistes.

* entièrement d'accord avec tout ce que tu viens de dire. Mais
l'extra-technologique
reste à définir car les technos ont des qualités propres qui ne permettent
pas
de séparer le fond du médium. C'est pourquoi il faut faire attention au
concept
d'autoréférentialité. Bien sûr certaines oeuvres appliquent un peu trop à la
lettre
l'axiome de McLuhan, mais en même temps le fait que le netart parle du net
est nécessaire, comme le cinéma parle du cinéma à partir d'autre chose
pour aller vers autre chose. Il y a circulation. Donc l'extra-technologique
doit à mon sens se définir comme étant l'interface, c'est-à-dire la matière
qui permet de communiquer avec le programme informatique. Il s'agit de
faire un effort pour créer des interfaces originales, autre que la souris et
le paradigme oeil-main qui est très problématique car il suppose une
équivalence entre des sens hétérogènes.
* "Le peuple manque" (tu le sais!)

Les éléments primaires de ce langage
> quittent les réseaux, on retrouve cette esthétique à la télévision, dans
la
> presse, elle perd son sens et devient simplement de l'image qui passe dans
> un effet de mode. Pour combattre cette pauvreté du langage médiatique, il
> faut décloisonner la matière et se rapprocher du public, même si l'on ne
va
> pas toucher tout le monde, il faut désépaissir la forme ou l'émanciper,
> mais ne pas la laisser s'enfermer toute seule.

* le réseau créé des clichés sociaux, c'est inévitable mais finalement
sans importance car cela n'a empêché aucune forme de création
d'advenir (dans le retrait). Le rapprochement dupublic peut se
réaliser par des installations, c'est-à-dire par un système de projection
(ce qui pose la question, justement du cinéma, du spectacle unique ou
collectif) ou de rétroprojection (ce qui est plus proche de la télévision).

>
>
>
> >- division classique entre "je sais" et "j'ai vécu"  + sous culture
> >et grande culture = très français, il faudrait mélanger tout ça.
> >
> >v
> >v
> >v
> >v
> >
> > > Subject: Re: carte des crateurs d'oeuvres de bobig
> > >
> > >
> > > >
> > > >
> > > > ----- Original Message -----
> > > > From: Th.Th. <thth@free.fr>
> > > > To: <palais-tokyo@pleine-peau.com>
> > > > Sent: Thursday, May 11, 2000 11:07 PM
> > > > Subject: Re: carte des crateurs d'oeuvres de bobig
> > > >
> > > >

> >Même chose pour le net.art : souvent bcp de discours mais pas
nécessairement
> >là où on croit. Comment une net.installation tient-elle toute seule? Sans
> >discours
> >par exemple? Quelle est son mode de visibilité solitaire (cf flux
> >cybernétique + ouverture
> >fullscreen vs F. Madre)?
>
>
>
> Solitaire ou décontextualisation ?

* solitaire et contextualisé bien sûr.

>
>
> Par yann le Guennec,
>   le mardi 1 juin 1999 - 18h11 :
>   -----Message d'origine-----
> De : Jacques Perconte
> À : Yann Le Guennec
> Date : jeudi 27 mai 1999 14:23 X flect)
>
>  >1.contraintes : un obstacle à la liberté de la proposition.
>
>   obstacle ou référent; peut-il y avoir une liberté sans contraintes?


> Plutot que de liberté de la proposition, je parlerai de son positionnement
> par rapport à un environnement déterminé. Cet environnement, dans le cas
> d'une proposition plastique sur les réseaux de communication, est régit
par
> les logiciels (langage, programme, traitement) et les qualités physiques
du
> réseau utilisé. Cet environnement voit sa complexité s'accroître en
> permanence, étant donné que les évolutions se superposent les unes aux
> autres plus qu'elles ne remplacent un élément par un autre. Il existe de
> fait une grande incertitude sur les capacités d'usage d'un public
potentiel
> vis à vis d'une proposition élaborée pour un contexte défini, pour un
> 'info-biotope' donné dans l'environnement global. Pour autant, la
> proposition ne sera pas completement inaccessible en dehors de
> l'info-biotope en question; son existence, ou réalisation à l'interface de
> contact avec le public sera produit d'un contexte différent, non
> nécessairement pensée par son concepteur. La prise de conscience de cette
> réalité a engendré un ensemble de travaux qui intègrent l'accident,
> l'erreur comme facteur intangible de la proposition. il est inversement
> très difficile de cerner la réalité d'une proposition (telle qu'elle sera
> perçue), d'en assurer la visiblité, avant même d'en appréhender la
> lisibilité (...). Il semble donc important, dans une volonté d'ouverture
et
> d'aide à la compréhension, de recadrer systématiquement toute proposition,
> et aussi précisement que possible, dans le contexte technologique de sa
> génèse, et ceci de maniere explicite.

* oui, oui, oui. C'est pourquoi la question du "mode d'emploi" est
très importante. Le mode d'emploi en tant qu'il est repensé non
dans le cadre de l'instrumentalité (l'oeuvre n'est pas le moyen
de certaines fins) mais dans celui de la relation entre les
technologies utilisées et le projet.


>
>   >2.accès au contenu et au langage.
>
> épaisseur de la médiation. sensibilisation.
> L'oeuvre numérique laisse rarement entrevoir ce qu'elle met precisément en
> jeu, les langages et technologies qui sont le coeur générateur de la
> réalité perceptible. Très souvent dans les installations qui mettent en
jeu
> une interface d'acces public et une activité sur les réseaux; l'émergence
> du propos est d'abord noyée dans les accidents liés à l'instabilité des
> systemes complexes mis en oeuvre. La perception de l'oeuvre demeure
> paradoxalement soumise à un accompagnement didactique. Cette dimension de
> l'oeuvre, qui peut deboucher sur une absence d'elle même en ce qu'elle ne
> sera pas perçue pour ce qu'elle est, peut-elle s'intégrer à l'oeuvre?
Cette
> démarche tendrait probablement à rajouter des épaisseurs, avec pour effet
> de masquer d'avantage ce dont il est question.
> Sans doute vaut-il mieux considérer cette distance comme un espace creusé
> par les divergences et dans lequel peuvent s'insérer de nouvelles
pratiques
> qui s'efforceront d'effectuer des jonctions entre l'accessible et ce qui
> s'eloigne de l'experimentable.

* effet de complexification de l'oeuvre (réalité virtuelle?).
sans revenir sur la théorie du sublime, il y a là une différance
entre le perceptible et le perçu. Il s'agit de rendre sensible
cette différance afin qu'elle excède l'utilisateur et que
l'imagination "touche" sa "propre" limite.

Ces pratiques peuvent etre envisagées comme
> un essai de 'médiation du médiatique' qui aura pour objectif de
> decontextualiser les productions, de reinvestir les espaces 'classiques'
de
> rapport au public avec des manifestations ou objets transitoires, des
> passerelles entre l'espace perceptible (et contraint au sens d'une
> restriction des facteurs aléatoires de perception) et la pensée des
> concepteurs (en art médiatique).
>
>  >3.diversification des supports
>
> la recherche des points de passage entre une présence sur les réseaux
> (proposition formulée) et les espaces physiques de perception est à
> l'origine de certains de mes travaux :
> modulation http://209.207.164.86/x/btm/install/
> propose d'intervenir sur une installation localisée via le réseau, selon
un
> modele de télépresence qui concede au rudimentaire en ce qu'elle
> reintroduit l'humain (l'artiste) comme opérateur indispensable, lequel
fixe
> des lors une bonne part de l'aléatoire du processus.
> L'interface en ligne contient potentiellement tout les développements
> possibles de l'installation localisée. Les utilisateurs ne semblent pas
> chercher à comprendre explicitement les conséquences de leurs choix, ils
> semblent d'avantage agir instinctivement et d'une maniere 'ludique'.
> L'absence actuelle de retour visuel (perceptible) par rapport à la forme
> d'engagement de l'utilisateur laisse l'existence de l'installation dans la
> potentialité.
> Inversement, il est probable que la seule présence de l'installation
laisse
> le spectateur également perplexe; dans tout les cas en conscience d'un
> aspect seulement de la proposition, voire d'une absence totale de
> conscience de celle-ci etant donné que selon un certain point de vue, elle
> réside intégralement dans les relations entre poles operatoires.
> Finalement, sur la base de cet exemple de double intervention dans des
> espaces connexes, il apparait qu'au dela du développement d'une certaine
> complexité 'organique', les differents espaces de visualisation engendrent
> d'autres espaces relatifs comme autant de nouveaux champs
d'experimentation
> à apprehender (...).
>
>
>
>
>
>
>
>
>
>
> palais-tokyo \\ + qu'hier et bien - que demain
>