carte des crateurs d'oeuvres de bobig
bulot
bulot@x-arn.org
Fri, 12 May 2000 18:51:16 +0200
At 11:45 12/05/00, you wrote:
>* Une petite r=E9ponse et quelques remarques =3D
>
>- quand on commence =E0 argumenter cela devient int=E9ressant.
>- souvent des r=E9f=E9rences au cin=E9ma. Est-ce notre fant=F4me?
>de quelle mani=E8re hante-t-il le net.art?
Mais =E0 quel moment le cin=E9ma est il un fant=F4mes cad ne faisant pas=
partie=20
prenante des pr=E9occupations li=E9es aux pratiques artistiques sur le net=
car=20
en le proposant comme r=E9f=E9rence =E0 de nouvelles formes =E9mergeantes=
sur les=20
r=E9seaux c'est l'isoler de la technologie (dont il est issu) et donc de ses=
=20
diff=E9rentes formes possibles li=E9es =E0 l'=E9volution des=
(nouvelles)technologies.
Le net.art est un context de r=E9f=E9rence pour l'exp=E9rimentation=20
cin=E9matographique et non l'inverse.
> En quoi le cin=E9ma
>est-il une forme unique et peut-=EAtre passag=E8re de cr=E9ation
>par rapport au public (peuple)? L'interactivit=E9 a-t-elle affaire
>au peuple (projection) ou aux singularit=E9s (relation one to one
>informatique + relation multiple sur le r=E9seau). Quels sont
>nos destinataires? Quelle est le mode de diffusion du net.art?
From: "+ e c h n a r +"
Subject: RE: net conditions
Date: Wed, 6 Oct 1999 12:39:41 +0200
=
http://www-sira.montaigne.u-bordeaux.fr/metamorph/cgi/map/discuss/messages/
La production artistique sur les r=E9seaux semble se regarder, le support=
=20
est tr=E8s int=E9ressant de par ses qualit=E9s et sa maniabilit=E9, mais les=
=20
faibles d=E9bits limitent souvent la cr=E9ation. Il est possible de prendre=
=20
cela =E0 parti et de jouer avec ces temps de d=E9placement dont on ne peut=
que=20
tr=E8s faiblement ma=EEtriser la dur=E9e, mais il arrive un moment ou ces=20
contraintes (il n'y a pas que celle-l=E0) deviennent un obstacle =E0 la=
libert=E9=20
de la proposition. De plus il est vrai que la lisibilit=E9 de ces travaux=
par=20
le public n'est pas =E9vidente, elle n=E9cessite une certaine culture de=20
l'image et des r=E9seaux. Seul un public d'initi=E9s (principalement des=20
'artistes' et des plasticiens) ont acc=E8s au v=E9ritable contenu (hors de=
=20
l'image) et au v=E9ritable langage que d=E9ploient ces travaux. Au del=E0=
d'une=20
r=E9flexion sur les proc=E9d=E9s qui permettraient de diffuser la cr=E9ation=
en=20
ligne =E0 un public plus large (ce qui reviendrait =E0 reformer ou=
reformuler=20
les travaux), il faut penser =E0 lib=E9rer le travail du r=E9seau. Il=
faudrait=20
essayer de voir comment le d=E9ployer hors de l'outil. On peut essayer de=20
penser une solution de deux fa=E7ons. D'une part =E9tablir un lien entre le=
=20
langage utilis=E9 et le public, c'est =E0 dire de penser des objets=
coh=E9rents=20
extra informatiques ayant un contenu informationnel visant =E0 introduire le=
=20
langage informatique afin que les spectateurs puissent se servir de ces=20
=E9l=E9ments comme de passerelles qui feraient le pont entre leur culture et=
=20
celle utilis=E9e ( m=EAme si les r=E9f=E9rents peuvent =EAtres communs aux=
=20
spectateurs, leur num=E9risation et la formulation qu'ils subissent en=20
devenant des =E9l=E9ments d'un propos artistique les transforment. Ils=
quittent=20
le rapport familier que l'on peut avoir avec eux pour s'int=E9grer dans une=
=20
forme linguistique diff=E9rente marqu=E9e). D'autre part, de se servir de la=
=20
proposition plastique num=E9rique pour la rapprocher du public par une=20
formulation plus proche de sa culture. Un lundi, il n'y a pas tr=E8s=20
longtemps, je me posais la question avec un ami, si des sites comme jodi=20
pouvaient encore se reproduire. La cr=E9ation en ligne est pass=E9e par une=
=20
phase auto r=E9f=E9rentielle tr=E8s forte et on a vu =E9merger des pratiques=
=20
exceptionnelles accompagn=E9es de comportements tr=E8s ind=E9pendants=
refusant=20
toute h=E9g=E9monie commerciale ou institutionnelle. Continuer dans une=
telle=20
direction serait vouer le travail sur les r=E9seaux =E0 une mort certaine,=
plus=20
cela va et plus les techniques et les technologies sont =E0 la pointe, et=
les=20
pratiques qui les suivent se s=E9parent de plus en plus d'une masse qui ne=
=20
peut plus les comprendre. M=EAme si ces recherches formelles sont tr=E8s=20
int=E9ressantes, elles =E9voluent dans un milieu qui se cantonne de plus en=
=20
plus =E0 des sp=E9cialistes. On est =E0 nouveau face =E0 une production=
artistique=20
qui se tourne vers les artistes. Les =E9l=E9ments primaires de ce langage=20
quittent les r=E9seaux, on retrouve cette esth=E9tique =E0 la t=E9l=E9vision=
, dans la=20
presse, elle perd son sens et devient simplement de l'image qui passe dans=
=20
un effet de mode. Pour combattre cette pauvret=E9 du langage m=E9diatique,=
il=20
faut d=E9cloisonner la mati=E8re et se rapprocher du public, m=EAme si l'on=
ne va=20
pas toucher tout le monde, il faut d=E9s=E9paissir la forme ou l'=E9manciper=
,=20
mais ne pas la laisser s'enfermer toute seule.
>- division classique entre "je sais" et "j'ai v=E9cu" + sous culture
>et grande culture =3D tr=E8s fran=E7ais, il faudrait m=E9langer tout =E7a.
>
>v
>v
>v
>v
>
> > Subject: Re: carte des crateurs d'oeuvres de bobig
> >
> >
> > >
> > >
> > > ----- Original Message -----
> > > From: Th.Th. <thth@free.fr>
> > > To: <palais-tokyo@pleine-peau.com>
> > > Sent: Thursday, May 11, 2000 11:07 PM
> > > Subject: Re: carte des crateurs d'oeuvres de bobig
> > >
> > >
> > > >
> > > > Godard est un vieux crouton qui a fait son temps.
> > >
> > > * ah bon? je crois qu'on aurait tous =E0 apprendre
> > > sur la narration non-lin=E9aire en revoyant r=E9guli=E8rement
> > > "Nouvelle Vague" et quelques vid=E9os des 80's.
>
> >
> > >>>>> je me tape de la narration non-lin=E9aire, je chie sur les films
> > destin=E9s aux initi=E9s de la narration-alibi du discours.
> > je pr=E9f=E8re les films lin=E9aires et de toute manii=E8re Alain=
Resnais avait
>tout
> > dit avc "Je t'aime Je t'aime" en 68 avec Jacques Stenberg comme
> > sc=E9nariste - qui =E9tait un Houellbecq bien avant l'heure et qui est=
mon
>p=F4te
> > , il n'=E9crit plus depuis la mort de son ami Topor - et Rirsch comme
>acteur.
> > le dernier film non-lin=E9aire c'est "lost high way" et j'en fais tous=
les
> > jours de ces films : la nuit en r=EAvant.
> >
>
>* ok sur la 1ere partie de Lost Highway (qu'est-ce qui s'est pass=E9 avec=
la
>2=E8me,
>on dirait parfois du Tarantino)
>Narration-alibi du discours. C'est parfois le cas chez jlg, mais dans
>"nouvelle
>vague", non. Et puis la relation entre les 2 est tjrs tendu (cf Resnais),=
le
>moment
>o=F9 le support (ici le cin=E9ma), la narration et le discours deviennent
>indiscernables.
>M=EAme chose pour le net.art : souvent bcp de discours mais pas=
n=E9cessairement
>l=E0 o=F9 on croit. Comment une net.installation tient-elle toute seule?=
Sans
>discours
>par exemple? Quelle est son mode de visibilit=E9 solitaire (cf flux
>cybern=E9tique + ouverture
>fullscreen vs F. Madre)?
Solitaire ou d=E9contextualisation ?
Par yann le Guennec,
le mardi 1 juin 1999 - 18h11 :
-----Message d'origine-----
De : Jacques Perconte
=C0 : Yann Le Guennec
Date : jeudi 27 mai 1999 14:23 X flect)
>1.contraintes : un obstacle =E0 la libert=E9 de la proposition.
obstacle ou r=E9f=E9rent; peut-il y avoir une libert=E9 sans contraintes?=
=20
Plutot que de libert=E9 de la proposition, je parlerai de son positionnement=
=20
par rapport =E0 un environnement d=E9termin=E9. Cet environnement, dans le=
cas=20
d'une proposition plastique sur les r=E9seaux de communication, est r=E9git=
par=20
les logiciels (langage, programme, traitement) et les qualit=E9s physiques=
du=20
r=E9seau utilis=E9. Cet environnement voit sa complexit=E9 s'accro=EEtre en=
=20
permanence, =E9tant donn=E9 que les =E9volutions se superposent les unes aux=
=20
autres plus qu'elles ne remplacent un =E9l=E9ment par un autre. Il existe de=
=20
fait une grande incertitude sur les capacit=E9s d'usage d'un public=
potentiel=20
vis =E0 vis d'une proposition =E9labor=E9e pour un contexte d=E9fini, pour=
un=20
'info-biotope' donn=E9 dans l'environnement global. Pour autant, la=20
proposition ne sera pas completement inaccessible en dehors de=20
l'info-biotope en question; son existence, ou r=E9alisation =E0 l'interface=
de=20
contact avec le public sera produit d'un contexte diff=E9rent, non=20
n=E9cessairement pens=E9e par son concepteur. La prise de conscience de=
cette=20
r=E9alit=E9 a engendr=E9 un ensemble de travaux qui int=E8grent l'accident,=
=20
l'erreur comme facteur intangible de la proposition. il est inversement=20
tr=E8s difficile de cerner la r=E9alit=E9 d'une proposition (telle qu'elle=
sera=20
per=E7ue), d'en assurer la visiblit=E9, avant m=EAme d'en appr=E9hender la=
=20
lisibilit=E9 (...). Il semble donc important, dans une volont=E9 d'ouverture=
et=20
d'aide =E0 la compr=E9hension, de recadrer syst=E9matiquement toute=
proposition,=20
et aussi pr=E9cisement que possible, dans le contexte technologique de sa=20
g=E9n=E8se, et ceci de maniere explicite.
>2.acc=E8s au contenu et au langage.
=E9paisseur de la m=E9diation. sensibilisation.
L'oeuvre num=E9rique laisse rarement entrevoir ce qu'elle met precis=E9ment=
en=20
jeu, les langages et technologies qui sont le coeur g=E9n=E9rateur de la=20
r=E9alit=E9 perceptible. Tr=E8s souvent dans les installations qui mettent=
en jeu=20
une interface d'acces public et une activit=E9 sur les r=E9seaux;=
l'=E9mergence=20
du propos est d'abord noy=E9e dans les accidents li=E9s =E0 l'instabilit=E9=
des=20
systemes complexes mis en oeuvre. La perception de l'oeuvre demeure=20
paradoxalement soumise =E0 un accompagnement didactique. Cette dimension de=
=20
l'oeuvre, qui peut deboucher sur une absence d'elle m=EAme en ce qu'elle ne=
=20
sera pas per=E7ue pour ce qu'elle est, peut-elle s'int=E9grer =E0 l'oeuvre?=
Cette=20
d=E9marche tendrait probablement =E0 rajouter des =E9paisseurs, avec pour=
effet=20
de masquer d'avantage ce dont il est question.
Sans doute vaut-il mieux consid=E9rer cette distance comme un espace creus=
=E9=20
par les divergences et dans lequel peuvent s'ins=E9rer de nouvelles=
pratiques=20
qui s'efforceront d'effectuer des jonctions entre l'accessible et ce qui=20
s'eloigne de l'experimentable. Ces pratiques peuvent etre envisag=E9es comme=
=20
un essai de 'm=E9diation du m=E9diatique' qui aura pour objectif de=20
decontextualiser les productions, de reinvestir les espaces 'classiques' de=
=20
rapport au public avec des manifestations ou objets transitoires, des=20
passerelles entre l'espace perceptible (et contraint au sens d'une=20
restriction des facteurs al=E9atoires de perception) et la pens=E9e des=20
concepteurs (en art m=E9diatique).
>3.diversification des supports
la recherche des points de passage entre une pr=E9sence sur les r=E9seaux=20
(proposition formul=E9e) et les espaces physiques de perception est =E0=20
l'origine de certains de mes travaux :
modulation http://209.207.164.86/x/btm/install/
propose d'intervenir sur une installation localis=E9e via le r=E9seau, selon=
un=20
modele de t=E9l=E9presence qui concede au rudimentaire en ce qu'elle=20
reintroduit l'humain (l'artiste) comme op=E9rateur indispensable, lequel=
fixe=20
des lors une bonne part de l'al=E9atoire du processus.
L'interface en ligne contient potentiellement tout les d=E9veloppements=20
possibles de l'installation localis=E9e. Les utilisateurs ne semblent pas=20
chercher =E0 comprendre explicitement les cons=E9quences de leurs choix, ils=
=20
semblent d'avantage agir instinctivement et d'une maniere 'ludique'.=20
L'absence actuelle de retour visuel (perceptible) par rapport =E0 la forme=
=20
d'engagement de l'utilisateur laisse l'existence de l'installation dans la=
=20
potentialit=E9.
Inversement, il est probable que la seule pr=E9sence de l'installation=
laisse=20
le spectateur =E9galement perplexe; dans tout les cas en conscience d'un=20
aspect seulement de la proposition, voire d'une absence totale de=20
conscience de celle-ci etant donn=E9 que selon un certain point de vue, elle=
=20
r=E9side int=E9gralement dans les relations entre poles operatoires.=20
Finalement, sur la base de cet exemple de double intervention dans des=20
espaces connexes, il apparait qu'au dela du d=E9veloppement d'une certaine=
=20
complexit=E9 'organique', les differents espaces de visualisation engendrent=
=20
d'autres espaces relatifs comme autant de nouveaux champs d'experimentation=
=20
=E0 apprehender (...).