carte des crateurs d'oeuvres de bobig

rank rank@incident.net
Thu, 11 May 2000 23:23:09 +0200


----- Original Message -----
From: Th.Th. <thth@free.fr>
To: <palais-tokyo@pleine-peau.com>
Sent: Thursday, May 11, 2000 11:07 PM
Subject: Re: carte des crateurs d'oeuvres de bobig


>
> Godard est un vieux crouton qui a fait son temps.

* ah bon? je crois qu'on aurait tous à apprendre
sur la narration non-linéaire en revoyant régulièrement
"Nouvelle Vague" et quelques vidéos des 80's.

il m'emmerde
> Godard, je suis sur qu'il est n'est pas capable  d'arriver de se mouvoir
> dans un monde virtuel, d'arriver au 1er niveau de Half Life .

* je crois qu'on doit tous être un peu dépassé en ce domaine pas des gosses
de 10 ans
(ou parfois moins). non?

Nous sommes  à
> l'êre de la compulsion.

* oui, pq pas? j'en ai des tonnes comme cela: contamination,
complexification,
différenciation, cybernétisation, cryogénisation, etc.

Il snobe le cinéma numérique alors que, jeune
> c'était son fight personnel de faire chier les spécialistes du cinoche à
la
> papa;

* pas tant que cela. c'est un peu un cliché. quand tu lis les articles de
jlg
dans les cahiers il était bcp plus conciliant que truffaut. Ce dernier a
pourtant répété le cinéma qu'il critiquait, alors que jlg a été ailleurs
:-).
donc entre le fight théorique-discursif et le fight artistique, un écart
parfois.

maintenant le voilà le vieux con qui critique ce qu'il était : un
> jeune con.

* bof. Les questions qu'il pose, comme celles que posaient S. Daney
par rapport aux technos, sont intéressantes car elles interrogent
la responsabilité (du destinateur et du destinataire). Au cinéma, tout
est question d'espacement (l'écart entre deux plans, le hors-champ,
la syllepse, les mouvements de caméra, la bande-son, etc.).
Quel est l'espacement cybernétique et interactif? Quelle est la zone
qui n'est ni le point de départ ni le point d'arrivé, mais un no man's
land où le temps et l'espace s'étire? La structure hypertextuelle du web
où tout semble équidistant (pointer c'est capter, cliquer c'est passer)
permet-elle le développement d'une esthétique au sens du
percevoir qui suppose tjrs un écart, une disjointure, une différance?
Quel autre modèle que le Xanadu avons-nous à proposer sur le réseau?
Toutefois parfois
leur réflexion tend vers la critique à cause d'une certaine ignorance
de jlg, ou tout du moins d'une connaissance superficielle du phénomène
technologique. On pourrait apercevoir une certaine convergence entre
des modes narratifs de ses films et l'interactivité.
Il y a peut-être une autre alternative que celle que nous tend les médias :
le jeunisme qui plonge dans les technos sans regarder en arrière avec
un enthousiasme irréfléchi (de toute façon à chaque génération on
nous fait le même coup) ou les discours réactionnaires (Virilio) dont
la méfiance est une défiance tout aussi irréfléchi.

>
> En littérature, Sollers est moins con : il approuve Houellbecq... Godard
> aurait dû parrainer L. V.Trier.

* pas sûr à propos de Trier. Europa est pour le moins ambigu et Breaking
The Waves un fourre-tout de tous les clichés mysogines (la femme sacrifiée,
etc.) Quant à Sollers qui approuve Houellbecq, il y a tout de même un peu
d'humour dans son attitude. Quel Sollers, celui de Tel Quel
ou celui d'aujourd'hui? Celui qui écrivait autrement et expérimentait ou
celui qui écrivant toujours avec talent est devenu plus classique et s'est
raccroché au lisible ?

>
>
> TH.TH.
>
>
> palais-tokyo \\ + qu'hier et bien - que demain
>