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Y
yann@x-arn.org
Mon, 1 May 2000 15:24:24 +0200
> je pense que tu te branles
(...)
> je pense que tu te branles
Certes, l'analyse de commentaire décomposé par le filtre de la
segmentation des périphrases n'est peut-etre pas sans rapport avec
quelques parallélismes sexuels* qui peuvent ici être évoqués. Cependant,
le plan de l'analyse retenu dans ce contexte critique autorise ce
parallélisme et sa mise en évidence sous réserve d'en expliciter les
liaisons, en quelque sorte, les vortex intermédiaires (@):
-----===== @ =====--------[plan de l'analyse segmentée
\@ @ /
\ @/
) @(
/@ \
/ @ \
-----===== @ =====--------[plan du commentaire critique
+
L'artefact ressenti de la pensée ne constitue pas en soi une
justification de la présence de cette pensée tant qu'elle n'est pas
justement intégrée dans cette oscillation fondamentale que compose le
mouvement réflexif. Dans le cas contraire, il pourrait s'agir d'une
fulgurance (ou révélation) mais dans ce dernier cas, cette forme
exclusive et magnifique de l'emergence de la formulation ne s'appuie pas
sur le jugement mais le dépassement. En d'autres termes, le
positionnement critique vis à vis de l'emetteur (supposé, représenté) et
non de l'onde emise (pensée formulée) exclut ce type de formulation du
champ de la fulgurance pour le replacer dans celui du commentaire qui
cherche ses appuis, ou se fonde succintement sur un unique echo.
Loin de se suffir à lui même dans une oscillation réflexive, le
jugement bati sur l'opposition du Je et du Tu replace l'opposition
primale du cri de l'existence dans un contexte d'isolation du Je face au
Tu. La contradiction qu'engendre un tel phénomène réside dans le
résultat du jugement qui, rebouclant la pensée du commentateur sur son
propre jugement, le place dans la position qu'il décrit. Ce processus de
rebouclage serait sans doute à observer en parallele du processus decrit
precedement ou l'information emise demeure dans la sphere de l'emetteur
et informe donc davantage sur l'emetteur que sur l'objet considéré, dans
ce cas le Tu.
Enfin, le caractère unilateral du mouvement de jugement ici présent
ne peut laisser indifférent sur sa nature expulsatoire, voire
ejaculatoire : le mouvement du Je vers le Tu où l'affirmation de l'acte
de pensée se suffit à lui-même comme justification de la proposition
concernant le Tu, sans aucune espece d'echo critique sur cette
information du domaine de la sensation, se perdrait tout simplement dans
le neant sil ne constituait l'opportunité d'une remise en cause du
rapport à l'autre, et par la-même du language.
* notons que 'branles' est retenu ici dans son assertion vulgaire mais
qu'il en serait de même dans le cas d'une oscillation sémantiquement
plus ouverte.
Bien cordialement,
¥
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