bobig's book

car(r)oline carroline.hazard@free.fr
Tue, 04 Apr 2000 22:46:16 +0200


"Bobig is free !" a écrit :

> Le livre de bobig n'a ni début ni fin.Vous pouvez écrire un chapitre, une
> nouvelle ou un poème. votre travail apparaîtra sur une liste de diffusion
> (fight-list) et sera intégré dans le cdrom "bobig's book" avec le nom de
> l'auteur du texte.
> je vous remercie de votre attention.
>
> http://choubard.online.fr/book.htm
>
> les participations apparaîtront sur un cdrom et sur le site le "bobig's
> book".
>
> je vous remercie de votre attention

Objet: [ f i g h t ] chapitre du bobig's book
Date:Tue, 4 Apr 2000 22:19:54 +0200
De:"Bobig is free !" <bobig@infonie.fr>
Répondre-A: fight_th_club@egroups.fr
A:<choubard@free.fr>, <fight_th_club@egroups.fr>

L'action se passe dans un parc prés de la mairie de Montreuil. A chaque
fois, c'était la même chose. Assis sur un banc, mâchonnant un sandwich
italien, je sens le regard des passants se fixer sur ma particularité.
Tous les regards ne me font pas souffrir. Je suis surtout sensible à celui
des femmes et des enfants. Les femmes, car avant j'adorais les séduire. Les
enfants parce que jusqu'à l'âge de trois ans, leurs yeux ne sont encore pas
teintés d'hypocrisie (méchanceté ?).
Eclaircies et nuages se succèdent, une silhouette féminine me cache les
rares rayons du soleil. En contre jour, je n'arrive pas à  discerner son
visage. Il fût un temps où je faisais un effort .c'était fini.trop d'
histoires, trop de remords. Je continuai à fixer mes chaussures sachant
pertinemment que l'ombre s'éloignerait .
Cela faisait deux mois maintenant que je voulais me montrer tel que je suis,
cesser d'user d'artifices et de me mentir à moi-même.
13h15, ingurgitant la dernière bouchée de panino, je décide de rentrer chez
moi. J'habite vers la croix de Chavaux, à dix minutes d'ici.

Deux tours de clefs : un trois pièces au décor minimaliste. Murs blancs,
meubles noirs en petits nombres. Dans la salle à manger, une télévision sur
son meuble remplies de cassettes vidéos, une table hexagonale et ses quatre
chaises. Sur le sol, un téléphone - répondeur dont le voyant message ne
clignotait jamais (pourquoi l'avais je acheté ?).
Je  pénètre dans la chambre pour y déposer mon sac à dos. Toujours le
minimum décorum , un matelas et une couette en guise de lit, une grande
armoire avec un miroir central. En observant mon reflet, des larmes me
piquèrent les yeux.
Deux orbites mollement posées sur le sommet du cou. Des orifices pour la
bouche et les narines sur la glotte et sur les côtés pour les oreilles. Je
n'avais pas pris de substances hallucinogènes. Cela faisait trente cinq ans
que j' étais né sans tête.