=?iso-8859-1?Q?Re:_nanart___=28par_la_pr=E9sente_je_n'appartiens_plus_au_?= =?iso-8859-1?Q?net-art_ni_=E0_l'art_comptant_pour_un=29?=

rank rank@incident.net
Mon, 3 Apr 2000 10:15:41 +0200


Qu'il y ait dans le netart des filiations et simultanément de
singulières nouveautés, que les deux s'articulent d'une
façon muette et inanticipable car le temps, passé et futur, ne se donne
que dans le réserve, c'est incontestable.

Qu'il soit nécessaire de retracer les parentés, de dresser le
tableau des originalités, de tirer les écarts entre eux, d'écrire
des exergues à ce qui est en train d'arriver, c'est une
matière théorique à inventer.

Mais il y a toujours un autre niveau de discours,
secondaire celui-ci ou critique, qui consiste à sortir
de cette deixis du ceci, toi, moi, hier, eux, nous...

Décrypter comme des symptômes le désir d'inscrire (déjà)
le netart dans l'historicité à venir, la volonté de s'inscrire (déjà)
dans le champ reconnaissable, le croit-on, de l'art contemporain,
de retrouver les questions classiques de la contextualisation
des oeuvres, de leur exposition,
de s'inscrire dans une catégorisation entre le jeuniste techno-hype
et l'adaptation d'un ancien contenu sur un nouveau support, etc.

Il y a là le désir de s'inscrire, d'inscrire encore et toujours des
frontières reconnaissables et balisables, d'écarter l'incertitude
et le caractère intempestif des pratiques numériques, de se
répérer, d'établir des principes identitaires (je fais cela, tu fais
cela, etc.). Il y a surtout le désir d'une reconnaissance avant
toute chose, avant même de produire, avant ce risque.

Dans tous les cas le netart n'est pas un mouvement homogène,
plutôt un concept fourre-tout technique où on dispose des
pratiques hétérogènes qui ne relèvent pas du même champ.

Quant au discours anthropologique et instrumental de la technique
qui consiste, d'une manière ou d'une autre, à placer Internet
comme le moyen de certaines finalités, il est l'exact reflet
du techno-formalisme qui identifie sans imagination le message
et le medium. Discours rassurant pour les institutions parce
qu'identifiables.

Peu de dérangement dans tout cela. Un peu d'ambivalence
conjuratoire.

Chaque génération vient en remplacer une autre. Dans quelques
années les discours contestataires de ce netart sonneront faux.
Tout sera rentré dans un ordre qui n'aura jamais cessé.

********
http://www.incident.net
********

----- Original Message -----
From: [Ü] <utrema@online.fr>
To: <palais-tokyo@pleine-peau.com>
Sent: Monday, April 03, 2000 9:45 AM
Subject: nanart (par la présente je n'appartiens plus au net-art ni à l'art
comptant pour un)


>
> Je ne sais pas ce que c'est le net-art
> chacun semble avoir sa définition et ses chevaux.
> je connais les autres.
> le terme se pose plus en tant que support (et supportable).
> La filiation à l'art contemporain pour produire du sens sur un support est
> une voie sans issue.
> (c'est ce que questionne ce média/support qu'est l'internet; sa base étant
> un désir d'expression et de communication, de mise en réseau de
ressources.)
> Un bon nombre de "corporation ou groupe" perde sur le réseau leur capacité
> de validation et par la même de jugement.
> Ce débat me semble au c¦ur même de cette déstabilisation.
> La contre partie de cette non filiation (volontaire ou non) débouche sur
des
> production mixte et inégale
> (faire savoir ce qui à été fait c'est souvent refaire,).
> Certaine production revienne dans le giron de l'officiel soit par
aspiration
> (jeunes talents) soit par digestion (talents confirmés qui s'adapte au
> support)
> je ne vois dans tout cela rien de très nouveau [sur ce débat] si ce n'est
la
> capacité phénomènale d'impact et de résonance de ce qui se produit sur le
> net.
> Quand au plaisir il est différent et réel pourquoi chercher ailleurs ce
que
> je trouve déjà la-bàs.
> Ce plaisir doit être un nouveau plaisir; enrichie par le souvenir et
> l'expérience du précédent (calme et volupté).
> Le plaisir de l'art contemporain nécessite afin de l'apprécier
(pleine-ment)
> un peu d'effort et d'ouverture d'esprit....
>
> > De : "Eric Maillet" <e.maillet@online.fr>
> > Répondre à : palais-tokyo@pleine-peau.com
> > Date : Mon, 03 Apr 2000 02:54:55 +0200
> > À : palais-tokyo@pleine-peau.com
> > Objet : Re : nanar (international version)
> >
> >
> >>> Cela pose le probleme de la contextualisation de ce qui peut etre
repéré
> >>> comme oeuvre ou pratique artistique. C'est ton utilisation judicieuse
de
> >>> peinture.art qui me fait penser à l'exemple suivant : si tu vas voir
de
> >>> la peinture dans un lieu identifié ou présenté comme vecteur de
> >>> diffusion de l'art, tu vas voir de l'art généralement dans des cadres.
> >>> Si tu vas voir de la peinture dans la rue, tu vas voir des ravalements
> >>> de façade.
> >>
> > On dirait qu'il n'y a jamais eu Malevitch, Picabia, Duchamp, Raoul
Haussman,
> > le SurrZalisme, Klein, Manzoni, Rauschenberg, Bob Morris, On Kawara,
Gordon
> > Matta-Clark, Beuys, l'arte povera, Hamish Fulton, AndrZ CadZrZ,
Alighiero
> > Boetti, Philippe Thomas, Kippenberger etc etc etc
> >
> > C'est pour cela que je m'ennuie (c'est le mot exact) avec le net.art
> >
> > Jamais le net.art ne m'apportera le plaisir (c'est le mot exact) la
> > dZlectation (c'est le mot exact) ou le vertige intellectuel (c'est le
mot
> > exact) de n'importe lequel des artistes citZs.
> >
> > Parlons plutot de cette filiation (si jamais c'en est une), ou de toute
> > autre, mais parlons d'une rZalitZ. Et que le net.art s'inscrive ^ la
suite,
> > mme si ca peut para"tre arrogant ; il y a de bonnes ambitions.
> >
> > Au lieu de cela, le net.art rZinvente la lune, version ballon de
baudruche.
> >
> > --------------------------
> > http://e.maillet.online.fr
> > --------------------------
> >
> > palais-tokyo \\ + qu'hier et bien - que demain
> >
>
>
> palais-tokyo \\ + qu'hier et bien - que demain
>